L'économie stupéfiante (3) Renaissance du chanvre industriel

Banc Public n° 95 , Décembre 2000 , Frank FURET



La mise hors-la-loi spectaculaire de l'histoire a fait oublier l'esprit historique dans la société (1); et elle a permis de couvrir quelques éléments de l'histoire des nouveaux potentats: certains événements et mouvements de leur conquête du monde, entre autres. Nous mourrons de l'ignorance et de l'inintelligence de notre passé, du préjugé imbécile d'après lequel le temps marche, estimait Bainville (2) . Le spectacle ne cache plus guère que quelques dangers environnent l'ordre merveilleux qu'il a établi (1): pollution des mers et des océans, destruction des forêts équatoriales, dégradation de la qualité de l'air, affaiblissement de la couche d'ozone, réchauffement de la planète, élévation du niveau des mers et immersion attendue de larges territoires, détérioration du climat, assèchement à venir de certaines régions, soupçons sur la qualité de l'alimentation, de la culture et de la vie en général, épuisement des ressources fossiles non renouvelables, pollution des nappes phréatiques, problèmes de gestion des déchets, etc.L'industrie del'information ayant depuis longtemps compris tout l'intérêt qu'il y a de rapprocher diversion et divertissement, le spectacle, en n'insistant pas trop, en banalisant, en détournant les consciences et les frayeurs sur d'autres objets, est&

Certaines pratiques nécessitant une dose de secret plus forte que partout ailleurs, les experts élus par le système ont aussi découvert l'utilité de changer des mesures, de les varier selon un plus grand nombre de points de vue, de les raffiner, afin de pouvoir jongler selon les cas avec plusieurs de ces chiffres difficilement convertibles. L'OPA de l'économie sur l'Etat a vu la première, parvenue à un certain degré de morgue et de suffisance métaphysique, pouvoir s'appuyer sur l'impuissance et la docilité du politique, faire colorer, sélectionner, voire empêcher telle ou telle expertise scientifique, forcer, enfin, à justifier ce qui se fait ou à ralentir ce qui devrait se faire. Un discours qui n'est pas neutre est-il expert? s'interrogent Stengers et Ralet (2): le discours de l'expert n'informe pas seulement le politique, il informe aussi du rôle que la politique délègue aux experts.

Il est des livres qui changent le cours de l'histoire: L'empereur est nu (3) est de ceux-là; il a suscité un phénomène sans précédent: il a créé dans le public une telle demande pour des articles en chanvre (50.000 dérivés possibles) que ceux-ci ont fini par se matérialiser, créant de facto un nouveau secteur de l'économie. Proposant du papier épargnant les forêts, des vêtements durables, des cosmétiques et des matériaux de construction, respectant l'environnement, produisant une huile de grande qualité diététique, des peintures, des cosmétiques, des lessives, etc., véritable bombe verte et mouvement de société, le mouvement de redécouverte du chanvre, remarque Michka(4), a déferlé sur les USA avant de conquérir l'Europe, où il s'est d'abord épanoui en Hollande et en Allemagne avec le soutien des Verts; la Suisse, la France, l'Italie et l'Espagne l'accueillant à leur tour. Bien sûr, le plat pays, toujours en avance d'une guerre, n'est nulle part: selon le responsable du ministère de l'agriculture,il n'y a actuellement pas une seule plantation de chanvre à vocation industrielle en Belgique, et encore moins d'entreprise capables de le transformer. La bureaucratie de Greenpeace Belgium a elle aussi remarquablement assimilé le génie avant-gardiste belge: "le chanvre, c'est quoi ça?" Pourtant le mouvement chanvre s'amplifie mondialement; subventionné et classé aujourd'hui comme plante non alimentaire par la Communauté Européennne, le chanvre peut même légalement croître sur les terres gelées comptabilisées en jachères. Ces avantages n'ont pas échappé aux agriculteurs européens. En 1993, la Grande-Bretagne a autorisé la culture de variétés à faible teneur en THC (principe psychotrope du chanvre), l'Allemagne en 1995; on ne compte plus les nouveaux magasins qui se consacrent à la vente de ces produits en général. L'institut français du chanvre, situé au Mans, qui a développé par sélection génétique les variétés à faible taux de THC, les seules qui permettent de recevoir les subventions délivrées par Bruxelles, s'est découvert une sorte de notoriété internationale.

Histoire textile

Le chanvre a été une des principales sources de fabrication de textile jusqu'au vingtième siècle: il est trois fois plus solide, beaucoup plus durable, et plus chaud que le coton; de plus, sa culture, n'ayant pas recours aux produits chimiques, ne pollue pas. En 1770, sera inventée une machine révolutionnaire qui va peser sur le destin textile du chanvre: elle sépare les fibres de coton de ses graines. Vingt ans plus tard, le prix du coton est divisé par cent (5). Puis à la fin du 19ème siècle, la marine à voile disparaît, remplacée par les bateaux à vapeur: le chanvre perd son principal débouché commercial; il demeure néanmoins comme culture domestique, mais échappant aux circuits commerciaux, il ne bénéficie pas de la modernisation des techniques. La suprématie mondiale du coton est assurée pour longtemps. Jusqu'à l'apparition des fibres synthétiques brevetées par Du Pont de Nemours en 1937, il règne en maître. Les liens entre Du Pont de Nemours et le cannabis (3) s'éclaircissent, estime Herer, quand on se souvient que les premières matières plastiques, les premiers matériaux synthétiques datent de cette époque: la celluloïde, la cellophane, la rayonne. Ces matières étaient fabriquées à partir de la partie ligneuse des plantes (la cellulose) d'où l'intérêt pour les plantes capables d'en fournir à bon compte. Mais le pétrole remplacera les plantes pourtant renouvelables et non polluantes: nylon, vinyle, polystirène, polytéhylène, PVC, polyester et toutes les matières plastiques dérivées. Le brevet du nylon, premier des matériaux synthétiques dérivés du pétrole, fut déposé au moment même où la culture du chanvre était mise hors la loi. La mise au point de machines capables de le recolter le rendant enfin rentable, il devenait une menace pour le nylon, le coton et la papeterie: la coïncidences des évènements, établie par les documents officiels est indubitable mais prouver qu'il y a bien eu complot reste une gageure. En France, (4) on considère plutôt que le chanvre textile a été éliminé par des choix de société: quand sont apparus les textiles chimiques, il était déjà remplacé par des fibres naturelles meilleures marché (quoique moins durables mais la question ne se posait pas puisque desproduits qui ne durent pas longtemps doivent être remplacés souvent, et font tourner tout le système, leur valeur d'échange pesant souvent plus sur leur conception que leur valeur d'usage). Rappelons que la prohibition d'étoffes étrangères suite au lobbying, déjà, des industriels du coton, est un fait avéré dans la France du dix-huitième siècle (6).

Renaissance

En mars 1993, le New York Times signale à ses lecteurs que la Hempstead Company, qui commercialise depuis 1992 des vêtements de chanvre à travers 400 magasins répartis dans le pays, a fait 150.000 dollars de bénéfices en 4 mois; la Ohio Hempery Inc démarre en 1991 et fait en 1992 un chifrre d'affaires de 100.000 dollars. Il existe désormais un véritable business du chanvre, et il rapporte. Magasins et produits nouveaux suivent. Le tissu, nerf de la guerre, est importé de Chine, de Hongrie, de Pologne, de Thaïlande et du Népal. Le premier comptoir de chanvre européen fait son apparition en Suisse en 93: la vente de tisane y sera interdite. Début 95, plus d'une vingtaine de comptoirs de chanvre ouvrent leurs portes en Allemagne, en Hollande et en Suisse, respectant les lois en vigueur sur le cannabis. Le mouvement fait boule de neige. Il est irréprochable et génère avec la vente de produits un business dynamique dans un paysage économique morose, ce qui lui confère une légitimité inaliénable. Casquettes, portefeuilles, sacs à dos, attachés cases, chaussures, jeans (7); il existe alors en Allemagne un véritable marché pour les fibres de culture biologique, transformées sans les multiples produits toxiques pour l'environnement; une compagnie allemande élabore une ligne complète de vêtements classiques (vestes, jupes, pantalons, manteaux, doublés de soie et dépourvus de teintures polluantes). Le chanvre fait désormais partie des textiles écologiques à côté du lin et du coton de culture biologique.

Chinois et Hongrois proposent actuellement des tissus 100% en chanvre; en s'appuyant sur les qualités de la fibre (isolation, absorption, résistance, durabilité), des vêtements contre la pluie et contre le froid, draps de lit confortables, couches, tissus d'ameublement, textiles muraux, tapis etc, produits 100% chanvre sont d'une manière générale de meilleure qualité, plus durables, moins chers et écologiquement plus sûrs, la culture du chanvre ne nécessitant aucun des ingrédients pétrochimiques associés à la production du coton qui utilise 50% des pesticides mondiaux.
Tandis que les toiles épaisses ont pour origine la Hongrie, la Pologne et la Roumanie, les tissus fins viennet de Chine, du Népal, de Thaïlande et du Laos. En 1995, Greenpeace s'est associé avec Australia Hemp Products (Australie) pour fabriquer sous licence une ligne de produits Greenpeace en chanvre, produits distribués par Rela Goods Trading, une société écologique de vente par correspondance dont la base est à Ukiah, Californie (8) . Les atouts du chanvre sont son fort pouvoir absorbant de l'humidité, sa solidité et sa résistance à l'usure et à des lavages fréquents à température élevée (95°), qui rendent le tissu plus doux et plus soyeux. Les inconvénients du chanvre ordinaire consistent en ce qu'il est rigide et rugueux, ce qui le rend peu agréable à porter dans un premier temps, de plus il rétrécit d'envirion 5% lors du premier lavage.Ce qui n'est pas un problème insoluble: lesvêtements peuvent être doublés, on travaille plus la filasse pour en faire de la lingerie féminine par exemple, on le traite (stonewash, enzyme wash) et on cultive d'autres variétés de chanvre, ou on le mélange à d'autres fibres: chanvre et lin, chanvre et laine, chanvre et coton, chanvre et soie ramie, viscose etc.
La française du lin et du chanvre, groupe filateur leader dans les fibres naturelles, et LCDA, premier préparateur de fibres naturelles, ont associé leurs compétences pour ressortir une fibre après avoir investi pour obtenir une fibre de qualité et un tissu plus fin souple et régulier. Armani et Addidas se sont déjà lancés dans l'utilisation de cette fibre respirable. Enfin AFT, société française, assure désormais la production de géotextile résistant et recyclable, en collaboration avce les équipementiers automobiles dans les composites: l'expert du ministère de l'Agriculture nous signale, qu'eu égard à l'obligation européenne d'employer un certain taux de matériaux biodégradables dans la composition des automobiles, il y a du chanvre dans le tableau de bord et les sièges des Mercedes.

Avis de l'agronomie d'Etat

L'expert de la question du chanvre du ministère de l'Agriculture, interviewé par Banc Public, a manisfesté une certaine véhémence concernant le chanvre; lors de l'entretien il a essayé de m'assommer avec des "vous savez ce qu'on fait avec ça ?", "le cannabis médical c'est une mode ça ne durera pas", " vous êtes un utopiste" etc... Et il tient le chanvre textile pour un vieux tissu juste bon à irriter la peau: il n'est même pas au courant des différentes qualités de cannabis textile ni de son mélange possible avec d'autres étoffes. Pas l'air très au parfum, notre spécialiste, un peu nerveux de surcroît- A l'écouter on s'étonne moins de l'avant-gardisme national en la matière. Sous estime-t-on sciemment ou non ce végétal, au niveau des décideurs? Tronque-t-on son évaluation? Craint-on qu'à le promouvoir pour ses applications non psychotropes, on pousse à sa consommation dite "récréative"? Menace-t-il des industries confortablement installées, comme celle du coton par exemple, auquel cas on se proposerait de ne le promouvoir que très mollement? Lui met-on occasionnellement quelque discret bâton dans les roues? Et si oui, par conservatisme, par ignorance ou par calcul économique?
En plus de l'importante bibliographie qui leur est gracieusement offerte page 8, signalons aux spécialistes confortablement installés disposés à mieux nous éclairer à l'avenir, l'existence de l'International Hemp Association (IHA), qui s'est donnée pour mission l'avancement de l'exploitation industrielle du chanvre par la dissémination d'informations auxquelles elle souhaite insuffler une rigueur qui fait parfois défaut, et qui Yuvre également à protéger la plus importante collection de variété de chanvres au monde, qui se trouve à l'institut Vasilov de Saint Petersbourg, créé en 1924, et abritant 400.000 variétés de plantes dont 397 variétés de cannabis sauvage ou cultivé, pour la plupart pauvres en THC. Cet institut manque d'ailleurs cruellement de fonds pour maintenir sa collection malgré l'aide d'IHA .

Chanvre papetier

Jusqu'en 1883, 75 à 90 % du papier dans le monde était fabriqué à partir de la fibre de chanvre: livres, bibles, cartes, billets de banque, actions et obligations, quotidiens, etc. étaient imprimés sur du papier chanvre. Nos ancêtres ne jetant rien, on fabriquait le papier à partir de voiles et de cordages mis au rebut vendus par les armateurs, de vieux vêtements, draps, couches, rideaux et chiffons de chanvre et parfois de lin. Le papier de chanvre se déchire facilement si on le mouille mais il révèle toute sa résistance une fois séché. Il ne bouge pas pendant des siècles et survit à toutes les catastrophes.
Selon Herer, si, dans les années 50, le cannabis avait été utilisé comme source de papier au lieu des arbres, nous n'aurions pas la moitié des problèmes environnementaux actuels. La seule décision gouvernementale responsable, selon Herer (3) serait de retrouver une production de papier fait de chanvre au lieu de continuer la déforestation. Les usines de pâte à papier seraient aptes à tourner à nouveau à pleine capacité, les bûcherons pourraient se convertir dans le commerce du chanvre, et entraîner une réduction de 60 à 80% des rejets de produits chimiques actuellement utlisés dans la production de pâte à papier. Le papier de chanvre est plus résistant et plus solide que le papier de pulpe de bois. Les cartons et sacs en chanvre durent aussi plus longtemps que les cartons ordinaires ou les sacs de plastique.

Le chanvre cultivé pour l'industrie papetière atteint sa maturité en quatre mois et demi et contient plus de cellulose que le bois. Pour ceux qui seraient intéressés, La Chanvrière , coopérative française, aide à mener à bien tout projet chanvrier dans la papeterie. Un Bulletin du ministère de l'agriculture américain daté de 1913 estimait que le chanvre fournissait à l'hectare, sur une période de vingt ans, 4 fois plus de papier que le bois; ces chiffres étaient sans doute exacts à l'époque mais ne le sont plus aujoud'hui, les arbres destinés au papier étant actuellement cultivés, parfois irrigués. Ceci dit, le chanvre demeure une excellente source de papier préservant les forêts, et il est plus facile d'en faire du papier non polluant qu'avec le bois. L'expert du ministère de l'Agriculture nous signale que le lin est souvent ajouté à la pâte de bois en ce qui concerne la fabrication actuelle, et admet que pour ce qui est des éditions de livres rares et archives appelées à durer, le chanvre s'impose incontestablement; mais qu'il ne sera qu'un matériau marginal et circonstanciel de la papeterie. Il estime qu'actuellement, faire du papier à base de bois est plus productif; ici il nous semble ne pas tenir compte que le chanvre peut être cultivé en jachère ni des surplus agricoles. Enfin, il ne faut pas occulter le problème de fond du papier: la consommation ahurissante que nous en faisons (14 millions de tonnes en 1913, 240 en 1990 aux Etats-Unis) (8). S'est-on sérieusement posé en haut lieu la question de savoir si le papier chanvre pourrait être un des éléments de solution à la déforestation? Et si oui, la filière de la transformation du bois en pâte à papier pèse-t-elle sur la vision que l'on a de l'exploitation papetière du chanvre? C'est que l'outil est installé depuis longtemps et développe sa logique alors que les technologies d'exploitation de chanvre accusent un retard certain.

Chanvre alimentaire

Le chènevis - la plante de chanvre -, remarquait Ralph Loziers, un des rares avocats du chanvre lors de la prohibition en 1937, est un aliment dans tous les pays d' Orient, de même qu'en Russie, où il est une sorte de céréale. Des millions de gens en mangent tous les jours, et cela depuis des générations, surtout pendant les périodes de disette. De fait, seul le soja contient un plus grand pourcentage de protéines mais le taux exceptionnellement élevé de globuline édestine combiné à une autre protéine, l'albumine, rendent les protèines du chanvre facilement assimilables. De plus, elles contiennent tous les acides aminés en proportions idéales pour notre organisme à qui elles fournissent tous les matériaux nécessaires à l'élaboration des immunoglobulines assurant notre équilibre immunitaire (10). Grâce à la protéine de chènevis, on peut venir à bout de la sous-alimentation chronique comme celle qui survient au cours de la tuberculose ou de certaines maladies (11). Le chènevis est, de tout le règne végétal, la meilleure des sources d'acides gras essentiels. L'huile de chènevis compte parmi celles qui contiennent le moins de graisses saturées soit 8% du volume total; l'huile obtenue par pression des graines contient 55% d'acide linoléïque et 25% d'acide linolénique. Impliqués dans le gouvernement de la croissance, de la vitalité, de l'état d'esprit, le transfert d'oxygène des poumons jusqu'au cellules du corps. Ces acides gras essentiels ont été utilisés par Joanna Budwig, régulièrement candidate au Nobel de médecine, pour traiter avec succès les nausées de malades atteints de cancer en phase terminale, entre autres.

Les extraits de chènevis peuvent être aromatisés tout comme le soja, pour leur donner un goût de poulet, de boeuf, ou de porc, et on peut en faire une sorte de tofu, ainsi que de la margarine à moindre coût que le soja. Les graines germées, qui donnent une sorte de lait, comme le soja, sont encore plus riches sur le plan nutritionnel: elles font baisser le taux de cholestérol, et on peut les utiliser dans des salades ou de plats cuisinés. Le chènevis moulu peut être utilisé comme une farine servant à faire des gâteaux ou des crèpes sans faire planer, puisque le principe psychotrope actif du chanvre est dans les feuilles. Les oiseaux montrent d'ailleurs une nette préférence pour les graines de chènevis à cause de son contenu en huiles nutritives (12). Et il faut savoir que lorsqu'on cultive le chanvre pour la production de graines, la moitié du poids des plants femelles récoltés à maturité en est constituée. Une fois pressée pour en extraire l'huile nutritive, on obtient des tourteaux riche en protéïnes, qui ont constitué jusqu'au 20ème siècle un des principaux aliments pour les animaux - sans la moindre hormone stéroïde (13).Le chanvre étant une plante vigoureuse poussant dans les conditions les plus hostiles (quoique d'après les statistiques du ministère de l'Agriculture, elle a beaucoup moins de rendement sur des sols pauvres -1tonne/Ha - ), ceci amène certains à penser que l'utilisation massive des protéines de chènevis pourrait sauver à elle seule une bonne partie des enfants mourant de carence protéinique: 60% des enfants de moins de 5 ans nés dans les pays du tiers-monde meurent pour cette raison quand ils n'ont pas une vie abrégée ou ne souffrent pas de lésions cérébrales irréversibles (14). Les graines de chènevis, qui contiennent 25% de protéines complètes (tous les acides aminés y sont représentés), peuvent être incluses dans des friandises (biscuits, chewing gums, barres etc.) sous forme de lait de chanvre (même préparation que le lait de soja).Cette huile contient également 8% d'acides gras saturés et 2 à 3% d'acide gamma-linoléïque (GLA, indispensable à la croissance et au développement du cerveau et du système nerveux (les souces de GLA sont rares, on les trouve essentiellement dans le lait maternel). L'huile de chanvre est la source de GLA la plus économique actuellement sur le marché, mais elle ne supporte pas la cuisson et doit être stockée au réfrigérateur sinon elle rancit rapidement. Son petit goût de noisette donne à tous les mets froids une saveur raffinée.

Utilisations diverses

La plante fraîche chargée dans un alambic permet d'extraire l'huile essentielle à la vapeur d'eau: elle est utilsée pour ses propriétés anti-inflammatoires et décongestionnantes dans diverses préparations: huile de massage, baume, eau de toilette et tonique pour la peau (comme l'ortie, sa cousine). Les parfumeurs prennent très au sérieux l'extraordinaire pouvoir fixateur d'arômes de la résine de cannabis.

Ficelles et cordages en chanvre furent remplacés principalement par des fibres chimiques produites par Du Pont de Nemours sous brevet allemand et par de l'abaca dit chanvre de Manille consolidé par du fil de fer. Produisant aussi toiles de peintre, peintures et vernis (dérivés des graines) le chanvre est idéal pour l'archivage: comme l'immense majorité de leurs collègues, Rembrandt et Van Gogh ont peint sur des toiles de chanvre, la fibre solide et lustré du chanvre résistant aussi bien à la chaleur qu'à l'humidité et aux insectes. En 1935, on utilisait encore 58.000 tonnes de chènevis aux States pour fabriquer du vernis et de la peinture. Le chanvre est également la source la plus abondante de cellulose et le premier polymère organique biodégradable (3).Par contre, les bitumes et les goudrons, sources principales de polymères synthétiques comme le nylon, représentent une ressource fossile non biodégradable; ils ne font pas partie du cycle écologique vivant de la planète; ils étouffent la vie partout ou on les déverse (3).

Le chanvre est également un matériau de plus en plus utilisé dans le bâtiment: panneaux de chanvre, sans synthétiques toxiques, étanches à l'eau font partie de la panoplie des produits alternatifs biologiques.
La paille de chanvre, sous-produit de la fibre, constitue une matière abondante à partir de laquelle des procédés orginaux ont été élaborés. La France, qui fabrique des maisons tout en chanvre, peut se targuer d'avoir donné naissance à un habitat écologique et sain. Les qualités du chanvre (pouvoir isolant, inertie thermique, densité très faible) permettent la mise en Yuvre de produits sains et performants (laine de chanvre isolante par exemple). Chanvrinove, une société française distribue partout en France isolants et matériaux chez les professionnels du bâtiment.

Le chanvre, qui produit énormément de cellulose pourrait remplacer avantageusement le bois pour tout ce qui est aggloméré et coffrage. Herer rappelle le rapport américain de 1913 qui estimait qu'un hectare de chanvre produisait autant de cellulose sur 20 ans qu'un hectare de bois, ce que l'expert du ministère de lAgriculture conteste, sans doute à raison,, la gestion des fôrets et leur irrigation ayant sans aucun doute augmenté le rendement des plantations; mais cet avis ne tient pas compte du fait que le chanvre est une plante de jachère, ni du fait que les planches agglomérées qu'on en tire (fibres collées) sont 2 à 5 fois plus résistantes que les planches en bois et même que le cèdre: c'est qu'elles ne craignent aucun insecte qu'elles n'intéressent ni en nourrirture ni en habitat, et donc économisent aussi un éventuel traitement chimique pour les en protéger, ce que Van Coppenolle ignore absolument, comme il ignore que des millions d'Ha de chanvre sauvage poussent en URSS mais conteste leur existence. Concernant les agglomérats à base de chanvre, il n'est capable que de lancer un ''pfffttt, des planches collées'', ce qui ne constitue pas vraiment un argument scientifique et corrobore le fait que je le trouve incomplètement informé et mal disposé à propos du chanvre.

Ignifuge, isolant sonore et calorifique, il constitue aussi une alternative très intéressante à l'emploi de placoplâtre et de contreplaqué. Comme il ne doit pas être traité,il ne dégage pas de fumées toxiques lors d'un incendie et il résiste de plus à l'humidité. Les panneaux en chanvre sont de plus recyclables et biodégadables. Le chanvre est selon Herer la meilleure source possible de cellulose et le premier polymère organique auquel on a eu recours pour fabriquer des plaques y compris la cellophane, le celluloïde et la rayonne ou qu'on a chimiquement adpaté à toutes sortes de productions de plastique.
La cellulose est un polymère organique biodégradable. Alors que les bitumes et les goudrons, sources principales de polymères synthétiques comme le nylon constituent une source fossiles non renouvelable et non biodégradable qui ne font pas partie du cycle écologique vivant de la planète.

Biomasse ?

La société Ford a fait fonctionner avec succès une usine de cracking de la biomasse dans les années 1930 à Iron Mountain dans le Michigan. Selon Herer, les premiers magnats du pétrole (Rockfeller Rotschild) sont devenus complètement paranos dans les années 20 sur les possibilités de l'exploitation du méthanol tel que le proposait Henry Ford et c'est pouquoi ils ont maintenu assez bas le prix du pétrole jusque 73.
La conversion de la biomasse par le procédé de la pirolyse qui consiste à soumettre la matière organique à de hautes températures hors atmosphère ou sous atmosphère raréfiée produit une sorte de charbon de bois propre qui remplacerait, selon Herer (3) utilement le charbon ordinaire. La transformation de la biomasse par cracking produit également des carburtants en soufre susceptibles de remplacer des variétés de produits pétroliers d'origine fossile comme le gazole. Et la quantité globale de gaz carbonique atmosphérique n'augmente pas quand on brûle un carburant ayant la biomasse pour origine. La pyrolise emploie la même technologie par Cracking que celle de l'industrie du pétrole dans le raffinage des carburants fossiles; les gaz que dégagent les procédés d'extraction dans les procédés pyrolise ou de cracking du chanvre peuvent servir à faire tourner des générateurs électriques par la même occasion. Le processus par conversion de la biomasse peut être ajusté pour produire des carburants liquides, du méthanol ainsi que des produits chimiques importants pour l'industrie: acétone, acétate d'éthyle, goudrons et créoste.

Michka(4) commel'IHA(9) annoncent des rendements de 6 à 9 tonnes à l'Ha, de 15 dans des conditions idéales. Les statistiques de Mr Vancoppenolle parlent de 6,4 tonnes /ha maximum, qu'il met encomparaison avec les 60Tonnes/ Ha de la betterave rouge, concurrent du chanvre en cette matière. Evidemment la betterave rouge est cultivée avec engrais, le chanvre sans, et est récolté 2 fois par an puisqu'il a un cycle de 4mois et demi. Nous n'avons pas la place ici pour entamer une dissertation sur le dossier des biocraburants, mais signalons que les Amis de la Terre (15), en 93, ont pris une position assez ferme en ce qui les concerne: ils ne sont pas moins polluants, ne permettront pas de réduire la dépendance énergétique, ne sont pas économiquement intéressants et n'apportent pas de solution durable aux problèmes de l'agriculture moderne qui épuise les sols. Mais cela vaut-il pour le chanvre, qui est une plante de jachère, qui use peu les sols et ne nécessite ni engrais ni pesticides? Mr Van Coppenolle estime le biodiésel à base de chanvre sous-productif et non rentable, les ministères de l'énergie concernés, pour leur part, n'ayant aucune réflexion sur le sujet.

Régénération des sols

La Californie du Sud , l'Utah et d'autres états ont couramment cultivé le cannabis jusqu'en 1915 car il avait l'avantage d e fragmenter les sols trop durs et trop travaillés. En 64, le Bnagladesh a signé un accord anitidrogue avec les States, accord par lequel le pays s'engageait à ne plus faire pousser de chanvre: depuis cette époque le pays n'a cessé de subir des épidémies, des famines et des décimations à répétitions de sa population, phénomènes dus à des inondations catastrophiques que plus rien ne pouvait retenir; dans ces régions de l'Himalaya autrefois verdoyantes de chanvre on ne trouve plus qu'une couche de mousse superficielle à la suite d'innondations brutales et violentes qui ont emporté l'essentiel des terres fertiles. C'est aussi une des raisons pour lesquelles les millions d'Ha de cannabis sauvage qui poussent en URSS ne sont point détruits. Selon Herer (3), répandues sur les sols en érosion, les graines de chanvre pourraient régénérer des terres partout sur la planète, et les régions désertifiées à la suite d'une surexploitation agricole pourraient être peu à peu récupérées.


Usage thérapeutique

Avertissement

Pour commencer, Banc Public souhaite prévenir le lecteur: la préoccupation principale des utilisateurs de cannabis est le risque d'accident de voiture; la marijuana a des effets adverses sur l'activité psychomotrice impliquée dans la conduite automobile et bien que les dangers de la conduite soient moindres qu'avec l'ivresse alcoolique, ils n'en sont pas moins bien réels. Les fumeurs inexpérimentés peuvent voir leur mémoire à court terme affectée (elle revient une fois dissipés les effets). Ceci dit, les utilisateurs réguliers de cannabis sont généralement très conscients de leur condition et tendent à la compenser: les conducteurs qui ont fumé ralentissent leur conduite, contrairement à ceux qui ont bu de l'alcool (16).

Ensuite, il n'y a pas de miracle avec le cannabis pas plus qu'avec d'autres médicaments: des réactions indésirables peuvent être observées; il existe un faible pourcentage de personnes éprouvant des réactions négatives ou allergiques à la marijuana: les cardiaques peuvent connaître certains problèmes, même si de manière générale, le cannabis dilate les artères et abaisse plutôt la pression diastolique; un autre faible pourcentage de personnes ressentent une accélération marquée du rythme cardiaque et de l'angoisse et ne devraient pas utiliser le cannabis. Certains asthmatiques en tirent profit, d'autres en sont irrités. Bien que le cannabis soit extrêment sûr en cas d'usage modéré, la probalilité d'effets indésirables augmente en cas d'usage intense et chronique. Faut-il rappeler que notre société de surconsommation confond souvent usage et abus d'un produit?

Par contre, le syndrôme amotivationnel caractérisé par une perte de l'ambition, de la motivation et de l'intérêt pour le monde extérieur, semble prêté à tort au cannabis: les sceptiques répondent que le cannabis ne crée pas de démotivation mais que les personnes démotivées sont attirées par une consommation lourde. Ajoutons que le cannabis peut très bien révéler une amotivation latente: l'amotivation, la démotivation, la perte de sens, autant de maux de société qu'il serait trop commode d'attribuer à la marijuana. Nonobstant la qualité discutable de nombre de types d'ambitions, de motivation et de réussite professionnelle proposées aux acteurs, le lecteur admettra sans peine qu'il n'est pas nécessaire de fumer du cannabis pour se désinteresser du monde extérieur: en témoignent le repli actuel sur la vie privée, les heures passées par le public à consommer du divertissement au logis, ainsi que l'inflation galopante du commerce d'objets et gadgets techniques, légalement promus et distribués, destinés à occuper la bulle privée, oasis douillette dans un monde perçu comme toujours plus complexe et inquiétant.

Archéologie

Pour la grande majorité des gens, le cannabis présente littéralement des centaines d'utilisations thérapeutiques. En 1967, le Dr Greenspoon (17), alors qu'il est sur le point de commencer ses recherches sur le cannabis, est persuadé d'une chose: il a affaire à une plante néfaste et il va s'employer à le prouver, persuadé que le produit est dangereux. Trois ans plus tard, il a complètement changé d'avis: non seulement, il convient que le cannabis est moins nocif que l'alcool et le tabac, mais de plus lui reconnaît de nombreux effets thérapeutiques dans plusieurs domaines.

Le cannabis (18) est depuis très longtemps connu comme médicament: les anciens Chinois le recommandaient contre la constipation et les douleurs rhumatismales; mélangé à du vin, il servait d'analgésique durant les opérations. Les Indiens remarqueront qu'il stimule l'appétit et l'esprit et facilite le sommeil (19). Les Africains s'en serviront pour lutter contre la dysentrie, et les douleurs de l'accouchement. Rabelais au début du 16ème siècle évoque la plante dans son tiers livre(20) sous la dénomination de Pantagruelion et en recommande l'usage pour soigner plaies et brûlures, pour faire céder les douleurs spasmiques, les crampes et les rhumatismes. Jusqu'au 19ème siècle, le cannabis était partout reconnu pour ses vertus, sauf en Occident où il faudra attendre le milieu du siècle: on le trouve alors dans toutes les pharmacies pour soigner des maux aussi divers que les convulsions et l'asthme; à la fin du siècle, l'engouement ne décroît pas: on souligne sa capacité à calmer la nervosité et l'angoisse. La plante semble soumise à un bel avenir. La loi de 1937 mettant fin à toute recherche (voir Banc Public n°94 de novembre 2000), il faudra attendre les années '80, pour que le cannabis soit réutilisé à des fins médicales.

Renouveau

On lui reconnaît d'immenses vertus dont le traitement du glaucome, des effets anti-nauséeux et anti-vomitifs dans le cadre des traitements contre le cancer, des propriétés anti-convulsives et analgésiques, la capacité d'atténuer des souffrances dues à la dépression, et l'induction de l'appétit comme du sommeil. C'est par ailleurs une substance peu coûteuse représentant des risques minimes, ne provoquant aucun effet secondaire grave et ne comportant pas de risque de dépendance. Fumer du cannabis serait bénéfique pour 80% des asthmatiques (21). Et leur offrirait de 2à 4 ans de vie supplémentaire. Prendre quelques bouffées de marijuana peut arrêter une crise d'asthme majeure. L'utilisation du cannabis par les asthmatiques figure d'ailleurs dans la littérature médicale depuis des milliers d'années.

Le cannabis est sans effets secondaire sur le foie et les reins, et ne fait courir aucun risque du syndrôme de mort soudaine associé aux médicaments et aux gouttes légalement prescrits contre le glaucome. Nombre d'ophtalmologues californiens conseillent discrètement à leurs patients d'associer de la marijuana aux médicaments toxiques légaux qu'ils reçoivent de manière à pouvoir en diminuer les doses (22). Des chercheurs de la faculté de médecine de Virginie (11) ont découvert que le cannabis était étonnament efficace dans la réduction de nombreux types de tumeurs soit bénignes soit malignes (cancéreuses). C'est d'ailleurs le DEA (Drug Enforcement Agency) et d'autres agences fédérales qui avaient commandité ces recherches après avoir eu vent de rapports erronés sur d'éventuels problèmes immunologiques liés à la consommation de cannabis; mais en 1975, Cohen et Stillman(11) remarquèrent, à la place des problèmes avancés, une réelle avancée médicale (décroissance significative des tumeurs); ordre fut alors donné par le DEA et l'Institut national de la Santé de supprimer le financement des recherches (23).
Les chimiothérapies peuvent permettre de contrôler le cancer et le sida mais présentent des effets secondaires fâcheux, notamment les nausées; d'après le Dr Thomas Ungerleider, responsable du programme de recherche californien sur la marijuana et le cancer de 79 à 84, la marijuana est le meilleur agent pour contrôler ces nausées, les préparations pharmaceutiques se présentant sous forme de pilules que les malades vomissent souvent dès ingestion. Le cannabis qui est fumé, reste lui dans l'organisme et continue d'agir même quand les nausées se prolongent.

Il s'avère aussi bénéfique pour environ 60% des épileptiques, l'extrait de cannabis se montrant plus efficace que le Dilantin dont les effets secondaires peuvent être graves (11). Les crises des épileptiques qui prennent du cannabis sont moins intenses et moins dangereuses. Fumer de la marijuana procure aussi un soulagement majeur aux personnes souffrant de sclérose en plaques; et le cannabis fumé est aussi un des meilleurs relaxants musculaires antispasmodiques, indiqué pour le traitement des douleurs dorsales, dont on dispose sur cette planète (11). Une étude menée en 1990 en Floride semble aussi indiquer l'utilité de l'acide canabidiolique dans le traitement de l'herpès( 24). Selon une étude tchèque conduite de 1952 à 1955 (11), le cannabis est plus efficace pour presque toute les affections traitées à la Téramycine: les Tchèques publiaient encore en 1989 des rapports sur les techniques de culture du chanvre permettant d'obtenir une plante riche en cannabidiols. Le cannabis est aussi un analgésique local (25). D'ailleurs jusqu'en 1937, presque tous les emplâtres, les cataplasmes et les onguents musculaires comportaient des extraits de cannabis; le Mexique, l'Amérique Centrale, celle du Sud et lesLatinos de Californie traitaient encore régulièrement leurs rhumatismes et soulageaient leur arthrite avec des feuilles de chanvre. Le contact direct avec le THC tue l'herpès quoique le Dr Gerald Lancz avertit que fumer de la marijuana ne guérit pas de l'herpès: selon des rapports non confirmés, il est vrai, mieux vaut appliquer localement des inflorescences trempées dans de l'alcool à friction puis réduites en purée.
Selon Gieringer et Cie(28), le cannabis est le meilleur expectorant naturel pour nettoyer les poumons de la pollution, des poussières et des phlègmes associés à l'usage du tabac. La fumée de marijuana dilate efficacement les voies aériennes et les bronches et permet une plus grande admission d'oxygène dans les poumons; il est également le meilleur dilatateur naturel des conduits menant aux alvéoles pulmonaires et peut convenir à 80% de la population (les 20% restants manifestant parfois des réactions négatives mineures) (26).Les statistiques semblent d'ailleurs indiquer que les fumeurs de tabac fumant également du cannabis en quantité modére se portent mieux (des études au Costa Rica et en Jamaïque, de nombreux joggeurs et coureurs de fond estiment que l'usage du cannabis nettoie leurs poumons et leur donne une meilleure endurance). Tout semble indiquer que l'usage du cannabis augmente d'un an ou deux l'espérance de vie des Américains hors la loi qui s'y adonnent (3). Des millions d'Américains, selon Jack Herer, ont renoncé au au tabac en faveur du cannabis, ce qui n'est pas une très bonne nouvelle pour ce lobby à qui une loi du début du siècle permet l'adjonction de 6.000 additifs chimiques divers dont les derniers sont inconnus, et que le public n'a aucun droit de connaître eu égard au fort commode secret de fabrication protégé par la loi.

Le cannabis abaisse la pression sanguine, dilate les artères et réduit la température corporelle d'un quart de degré, toutes choses contribuant à alléger le stress; les personnes qui en fument le soir ont en général (3) un meilleur sommeil, un repos plus complet, une plus grande proportion de rythme alpha par comparaison avec ceux qui prennent des sédatifs et les somnifères qui ne sont d'ailleurs souvent que des analogues synthétiques de plantes réellement dangereuses comme la mandragore, la belladone (27). Contrairement au Valium, le cannabis ne potentialise pas les effets de l'alcool; on estime aussi qu'il pourrait remplacer plus de 50% du Valium, du Librium, de la Thorazine, de la Stelazine et autres médicaments en "zine", ainsi que la majorité des somnifères (27). Ceci dit, l'effet somnifère n'est pas toujours observé; le cannabis tend à être plutôt excitant pendant la première heure pour devenir graduellement plus sédatif.
Le cannabis, comme calmant et réducteur de l'anxiété, remplace parfois des tranquillisants mineurs tels que les benzodiazépines comme Librium et Valium; beaucoup de patients estiment que le cannabis leur est supérieur. Mais il peut aussi aggaver l'anxiété; c'est ce que l'on observe dans les réactions de panique qui perturbent souvent les usagers inexpérimentés, spécialement avec de fortes doses de THC; bien que ces réactions de panique diparaissent souvent avec les effets de la drogue, elles peuvent effrayer quelqu'un au point de lui faire demander une aide médicale. De plus les conditions psychologiques et environnementales des expérimentations médicales aggravent les réactions de panique. Les usagers expérimentés paraissant nettement moins enclins aux crises de panique que les novices (28), on ne saurait trop rappeler aux seconds d'y aller à petites doses. A cause de l'ambivalence de ses effets, peu de praticiens recommandent spécialement le cannabis pour le traitement de l'anxiété en l'absence de troubles connexes tels que douleurs ou spasmes musculaires. Néanmoins, pour ces troubles, le cannabis pourrait être un bon susbtitut des tranquillisants (28), dont la consommation monte en flèche dans la CEE .

Il est évident que la plus grande prudence est nécessaire avant de recommander le cannabis à des personnes souffrant de graves troubles mentaux. Il se pourrait qu'il aggrave un problème préexistant. Ceci dit il peut avoir un effet sédatif sur certains malades mentaux, a un effet calmant utile sur certains patients (29) et est également utilisé par des patients souffant de la maladie d'Alzheimer pour soulager l'anxiété, l'agressivité, et l'anorexie. Le cannabis traite aussi le syndrôme de fatigue chronique (SFC) , mystérieuse maladie à l'étiologie inconnue dont les symptômes sont une fatigue incapacitante, une faiblesse musculaire, des maux de tête, une dépression- Beaucoup de patients estiment que le cannabis les fait se sentir mieux. Malheureusement il n' ya aucune étude médicale de ce traitement.
Les utilisateurs jamaïcains de cannabis louent ses effets bénéfiques pour la concentration, la méditation, l'élévation de la conscience et la confiance en soi (30). Ajustant les attitudes et renforçant un meilleur appétit et un repos plus profond, il suffit parfois à faire toute la différence entre mourir du sida et vivre avec le sida. Le cannabis soulage aussi moult petites douleurs et parfois les grandes. Il peut contribuer au mieux vivre de nos concitoyens âgés avec leurs maux divers (arthrite, insomnies, infirmités incapacitantes). Il permet plus de dignité et un meilleur confort. Certaines études médicales corroborent la rumeur que le cannabis, agissant globalement, est le meilleur traitement d'ensemble pour la démence, la sénilité, qu'il améliore la mémoire à long terme et présente des centaines d'autres aspects bénéfiques. La recherche médicale indique que la majorité des victimes d'emphysème léger pourraient bénéficier d'une utilisation modérée du cannabis; ce traitement améliorerait la qualité de la vie de millions de patients; mais le gouvernement américain, très soucieux du contrôle de la psyché de ses ouailles, estime que le fait de planer constitue un effet secondaire inacceptable, quel que soit le nombre de vie sauvées. Plus de 60 millions d'Américains ont essayé la marijuana et 25 à 30 millions l'utilisent encore soit à des fins de relaxation, soit de manière responsable, en automédication, sans qu'il y ait jamais eu la moindre mort par surdose. Tashkin (26) qui mène des recherches pulmonaires pour le compte du gouvernement américain a souvent affirmé que le cannabis ne peut ni causer ni aggraver l'emphysème; toute la recherche concernant les effets du cannabis sur le transfert d'oxygène dans le sang indique aussi que tous les symptômes se manifestant en cas de forte pollution (douleurs de poitrines, extrémités douloureuses, respiration superficielle, maux de tête) sont améliorés par un emploi modéré du cannabis tout au long de la journée.

Le tabac contracte les artères, le cannabis les dilate et fait disparaître les spasmes artériels combinés avec un état trop détendu des veines qui causent la migraine. Un mythe populaire (fort à propos corroboré par une "étude scientifique" dont les conclusions tombent alors que les débats politiques et médiatiques battent leur plein) répandu par les prohibitionnistes veut que deux joints par jour équivalent à un paquet de cigarettes quotidien. Or le cannabis est intrinsèquement plus sain que le tabac en ce qu'il ne contient pas de nicotine, vasoconstructeur et stimulant puissant causant de sérieux troubles de la circulation. Tashkin (21) observe mois de dommages respiratoires chez ceux qui fument du cannabis quotidiennement que chez les tabagistes (un paquet par jour). Le tabac pénètre plus profondément dans les poumons, alors que le cannabis tend à se concenter dans les voies supérieures plus larges de la gorge et des poumons: c'est pourquoi il irrite plus la gorge, mais ne cause pas d'emphysème.

L'expert du ministère de la Sant

Le spécialiste désigné au ministère de la Santé, confirme pour commencer qu'il y a bien une Commission en train de travailler sur un projet d'arrêté royal prévoyant la légalisation du cannabis à usage thérapeutique, concernant la sclérose en plaques et le glaucome notamment; il serait prescrit par les centres spécialisés qui contrôleraient les quantités employées. Cet expert remarque aussi que le cannabis est déjà employé en "stoemelincks". Quant à la question de savoir si une généralisation de la consommation de cannabis à usage médical pourrait nuire aux intérêts de l'industrie phramaceutique,il répond qu'il n'est pas impossible que de petites firmes se lancent dans la mise sur pied de remèdes à base de cannabis, qui resteraient donc du domaine du commerce.
C'est aussi un anti-dépresseur, confirme-t-il, mais indirect. On trouve de meilleurs expectorants que le cannabis en phytothérapie, juge t-il aussi. Enfin, il estime que le cannabis n'est pas sous-utilisé. Pourtant il ne parle que de 4 ou 5 applications possibles. L'entretetien se termine par quelques lieux communs d'une altitude toute nationale: "il ne faut pas voir de conspiration partout" ( certes, mais de là à ne plus en voir nulle part); "je n'aimerais pas croiser un automobiliste sous cannabis" (imbibé de whisky, c'est plus sécurisant ?); "je ne voudrais pas que la Belgique fasse comme les Hollandais, il faut éviter le tourisme de la drogue" (Pourtant cet argument existe essentiellement pour ne pas fâcher la France, une des nations les plus hystériques en ce qui concerne la marijuana). Comme si les Belges n'allaient pas acheter des cigarettes au Luxembourg, du vin rouge en France et nepartaient pas en vacances en Espagne, l'alcool y étant moins cher). Le préjugé plat et la solidarité organique avec le commerce pharmaceutique borneraient-ils la connaissance des experts désignés? Notre propos n'est pas ici de nier qu'un contrôle soit nécessaire, ce qui serait idiot, mais de demander qui contrôle quoi, comment et pourquoi.

Le monopole coûte que coûte ?

Notre expert national semble superbement ignorer que Le Dr Raphael Mechoulam et les magazines NORML, High Times, et Omni indiquent que, si la marijuana venait à être prescrite, elle remplacerait immédiatement 10 à 20% de l'ensemble des médicaments y compris certaines grandes spécialités pharmaceutiques: dont 40 à 50% contiennent des extraits de cannabis. La marijuana été l'analgésique le plus employé avant la redécouverte de l'aspirine vers 1900. De 1842 à 1900, la moitié des ventes de médicaments étaient à base de cannabis. De 1850 à 1937 il était recommandé par la pharmacopée américaine pour plus de 100 maladies. L'AMA (association médicale américaine) et plusieurs entreprises pharmaceutiques s'opposèrent avec véhémence à loi fiscale sur la marijuana en 1937 pour la bonne raison qu'elles connaissaient sa valeur potentielle et savaient que le chanvre n'avait entraîné ni accoutumance ni mort accidentelle par overdose. Depuis 1964, 400 composés ont été isolés, dont 60 au moins possèdent une action thérapeutique certaine: on reste stupéfait à l'idée que ce type de recherches ait été interdit jusqu'en 1961, date à laquelle Harry Ansliger fut contraint de prendre sa retraite.

Le monopole n'a pas été exceptionnel dans l'histoire du capitalisme; l'intégration verticale des entreprises a souvent constitué la norme du système; la concurence existe mais on lui attribue un rôle myhique. Le jeu a donc été de créer des conditions qui permettaient aux plus puissants d'échapper à cette contrainte: innovations, inventions, aides gouvernementales multiples et réglements privilégiants ont toujours été mobilisées pour les mettre en situation de monopoles (31). En 1975, un grand congrès, sponsorisé par le NIDA, Institut national de recherche contre les drogues, rassembla tous les chercheurs spécialisés dans le cannabis en Californie; à l'issue du congrès on conclut que le gouvernement avait intérêt à investir l'argent du contribuable dans la recheche sur cette plante on estimait que l'opinion publique devait être informée du tour pris par les évènements. Un grand nombre de chercheurs étaient convaincus que le cannabis serait un des plus importants, sinon le plus important médicament des années '80. Le gouvernement américain se plut alors à interdire sans crier gare toute recherche concernant ses effets thérapeutiques bénéfiques et tenta même de détruire des archives. Dixans de travail se trouvaient anéantis; le gouvernement se déchargea de ses promesses au profit des industriels de la pharmacie, qui demandaient qu'on leur laisse le temps de trouver des substituts synthétiques aux molécules cannabiennes, et entreprit d'étouffer l'information. Les grands labos pharmaceutiques financèrent la mise au point de substances analogues au THC mais garanties sans hallucinogènes: Eli Lilly sortit le Nabilone et le Marinaol, cousins éloignés et synthétiques du THC delta 9, au sujet duquel ils promirent monts et merveilles au gouvernement. En 1982, le magazine Omni rapportait que le Nabilone, n'avait réussi qu'à prouver sa nullité en comparaison des inflorescences de cannabis riches en THC. Quant au Marinol, il n'avait d'effet que sur 13% des malades traités. Le magazine Omni, tout comme Norml et High Times, ont une petite idée des raisons qui poussent les labos et le gouvernement américain à refuser toute légalisation du THC s'il n'est pas chimique: les labos Eli Lily Co, Abbott labs, Pfizer, Smith, Kline, French et bien d'autres perdraient, selon eux, des centaines de millions de dollars par an, et plus encore dans le tiers-monde si la marijuana devenait légale aux Etats-Unis. L'extraction de centaines de composants du cannabis se ferait en dehors des monopoles industriels et donc au détriment des profits colossaux de ces entreprises. Certains labos pourraient alors perdre un tiers de ce que leur apportent des drogues comme le Darvon ou des calmants de la famille du Turonal et du Seconal, ainsi que des pommades anti-inflammatoires ou anti-brûlures. Et la liste des médicaments menacés par la légalisation d'une plante que n'importe qui peut faire pousser dans son jardin est remarquablement longue; de ce fait, on comprend mieux la sollicitude des grands labos pour la virginité psychotropique des populations.

Je dépense donc je suis

La plupart des hommes meurent de leur remèdes et non de leur maladie, plaisantait Molière.  A tous les niveaux, nous demandons aux objets techniques issus de la magie des laboratoires, de régler nos turbulences. Ce monde n'est pas seulement un monde de consommation, c'est aussi un monde de prothèses se moquant des interdépendances entre les actions humaines, et de l'environnement (35). La souffrance dope le commerce (36): en 1996, le Journal des Finances estimait la capitalisation boursière des 15 plus grands groupes pharmaceutiques mondiaux à 605 milliards de dollars. L'industrie du médicament offre actuellement des taux de rentabilité de 20, 30 ou 40 %. La forte croissance des ventes sur le plan mondial estimée à 10,7% en 1999 par le cabinet IMS Health, devrait se poursuivre au rythme de 8,1% par an dans les 5 ans à venir. Comme d'habitude, nous manquons de place pour réfléchir un tant soit peu sur la théologie pharmaceutique, sur le rôle de normalisation sociale de la pharmacie (qui étouffe technologiquement des protestations organiques), sur la logique des outils et les contradictions entre idéologie professionnelle et utilité sociale(37); mais sachons que, rien qu'en France, cette industrie en pleine expansion emploie 239.000 personnes (chercheurs, labos autorisés, industrie des principes actifs, grossistes, répartiteurs, représentants de commerce, personnel des pharmacies d'officine) (38). C'est que là aussi les honorables représentants de l'oligarchie mondiale du management, sortant d'un même milieu social, professant les mêmes idées et poursuivant les mêmes buts aristocratiques, pèsent sur les choix. Le commerce aurait-il intérêt à doper la souffrance? Les nouveaux médicaments sont ainsi appelés à devenir des biens de consommation et doivent emprunter le chemin jalonné par les techniques modernes de commercialisation: marketing, étude de marché, promotion, publicité sur lieu de vente, stimulation du personnel de vente, recherche de nouveaux produits etc.

Un végétal très tracassé.

Illustrons une fois encore Guy Debord (1) qui, remarquant en 1988 la fusion de l'économie et de l'Etat, constatait que le centre directeur était devenu occulte, qu'on y plaçait jamais un chef connu ni une idéologie claire, et qu'il détenait tous les moyens de falsifier l'ensemble de la perception. Ainsi, le Professeur I. Bocsa, Hongrois de son état, s'indignait en 96, dans l'éditorial du journal de l'IHA (39), d'une décision prise par les Communautés Européennes: cette résolution décrétait que les subsides seraient seulement payés aux cultivateurs de chanvre qui ne récoltent pas avant que les graines ne soient arrivées à maturité. Si le chanvre est récolté précocement, pas de subsides et risque d'amende de 50.000 DM. Décision qui n'était justifiée par aucun argument scientifique, légal ou économique rationnel. Selon Bocsa, ce genre d'intervention dans le processus de production est réminiscent du centralisme bureaucratique de l'ère communiste, période où d'énormes anomalies furent constatées. On ne peut forcer, continue Bocsa, des fermiers à cultiver des graines quand leur objectif est de faire du chanvre textile ou de la cellulose papetière. Il lui apparaissait alors que certains cercles intéressés par la suppression de certaines variétés de chanvre dans les pays du Nord de l'Europe pourraient être derrière cette décision, et il trouvait désagréable d'être amené à penser qu'une organisation aussi prestigieuse que la Communauté Européennne puisse être influencée elle aussi par des lobbyistes. Dernièrement, il a aussi été question d'obliger les cultivateurs à stériliser les graines (ce qui empêcherait de les vendre, par exemple) mais ce projet a été abandonné. Tout ceci nous remet en mémoire la satisfaction victorieuse de l'expert du ministère de l'Agriculture à l'idée que la Hongrie, grand exportateur de chanvre textile, du fait de sa prochaine entrée dans la Communauté Européenne, allait bientôt être "mise au pas". Remarquons également qu'au début des années '90, les USA n'acceptaient d'importer des tissus de chanvre des pays de l'Est qu'à condition qu'ils contiennent 50% de coton.

Signalons encore qu'outre-Quiévrain, faire savoir que fumer de la marijuana peut aider à soigner le glaucome ou que la culture de cannabis peut aider à restructurer les sols est interdit par l'article L630 du Code de la santé qui prévoit jusqu'à 5 ans de prison pour ceux auront présenté les stupéfiants sous un jour favorable. Un véritable délit d'opinion a été créé en France, ce qui amène Francis Caballero (40) à constater, après Guy Debord, l'institutionnalisation de l'erreur scientifique et de la désinformation. Remarquons également que la CEE et la France ont décidé de ne plus subsidier l'Observatoire Géopolitique des Drogues (41) et terminons par une anecdote mondaine:

de 1996 à 1998, la "Bombe verte", une petite a.s.b.l.,a tenté de renouveler la culture du chanvre en Gaume, pas loin du musée du chanvre sis à Virton et surtout de Burgo, ex-Cellulose des Ardennes, pilier économique de la région et colosse européen sis à Harnoncourt. Vu l'inexistence d'une quelconque industrie de transformation du chanvre en Belgique, nos verts bombistes n'ont tenu que deux ans. Parallèlement, une somme, jugée stupéfiante par les observateurs avertis (28 milliards de francs), était réinvestie par Burgo dans le complexe gaumais. Nombre d'entreprises, comme le signale le très officiel rapport Henrion (42), ayant fait du trafic de stupéfiants une branche d'activité comme une autre, il s'avérerait somme toute ironique que cette somme vînt du trafic de marijuana...

Frank FURET

     
 

Biblio, sources...

1) Guy Debord: Commentaires sur la société du spectacle, Gallimard, 1988
(2) Isabelle Stengers et Olivier Ralet, Drogue: Le défi Hollandais, 1991, collection "Les empêcheurs de penser en rond"
(3) Jack Herer: L'empereur est nu, éditions du Lézard, 1996
(4) Michka : Le chanvre, renaissance du cannabis, Géorg Editions, collection Terra Magna, 1996 (sur papier chanvre)
(5) Rene Chun, World's oldest fabrics, in New York Times, June 1995
(6) Serge Chassagne: Le coton et ses patrons, France 1760-1840, Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, 1991
(7) Gerard Berdolini, A la recherche du vêtement écologique, société alpine de publicité
(8) Industrial Hemp, USA, 1995
(9) Site Internet: International Hemp Assiociation:
(10) Morroson RT Organic Chemistry, 1960
(11) Cohen and Stillman : Therapeutic Potential of Marijuana, Plenum Press, NY 1976
(12) Margaret Mc Kenny, Birds in the Garden, Reynal and Hitchcock, NY 1939
(13) Index du minsitère de l'agriculture amréricain
(14) World Hunger Project, save the children EST Forum, 1997
(15) In "Amis de la terre" n°21 juillet 93
(16) Rosenthal, Gieringer et Mikurya: Marijuana Medical Handbook
(17) Lester Greenspoon et James Bakar: Cannabis, la médecine interdite, éditions Du lézard, 1995
(18) Denis Richard : dictionnaire des drogues, toxicomanies et dépendances, Larousse 1999
(19) Marie Amstel in "Bon à savoir", octobre 1998
(20) Rabelais: Le tiers livre , Des faits et dits héroïques du noble Pantagruel, ch. 51
(21) Dr Donald Taskhin: Pulmonary studies, 1969-1990
(22) Hepler and Frank: 1971, UCLA
(23) Entrevue de Jack Herer avec Cohen et Stillman en 1982
(24) Mikuriya: Marijuana médical Press, 1839-1972
(25) Cohen and Stillman : The antibiotic and antibactérial effects of Cannabis Indica
(26) Taschkin studies, UCLA, 1969-83
(27) Los Angeles Time, 2 avril 2000
(28) Gieringer, Mikurya, Rosenthal : Les usages médicaux du Cannabis, l'Esprit Frappeur, 1999
(29) Mathew and Wilson: Duke University
(30) Shopping Valium, Citizen health research group
(31) Immanuel Wallenstein : Le capitalisme historique, éd. La Découverte
(32) Problèmes économiques: les rouages économiques de la santé, janvier 2000
(33) in ''La Dernière Heure'', 21 août 2000
(34) Rube, Vera et Comitas Lambro, A médical anthropological study of chemic marijuana use, Anchor Books, 1976
(35) J-P. Dupuy et Serge Karsenty: L'invasion pharmaceutique, Seuil 1974
(36) Frédéric Beigbeider, 99frcs, Grasset 2000
(37) Michel Bosquet: Ecologie et Poli

 
     

     
   
   


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