Le piège de la dette

Banc Public n° 214 , Décembre 2012 , Michel Legrand



De conclave en conclave, le gouvernement s’efforce de réduire le déficit des finances publiques en multipliant les nouvelles taxes et en réduisant les dépenses.

En supposant que cette politique réussisse, elle aura alors pour résultat principal et espéré de rétablir l’équilibre et de supprimer le déficit à l’horizon 2015. C’est un but louable car les déficits publics contraignent les pouvoirs publics à emprunter et donc à payer des milliards en intérêts (1).

 

Evidemment, ce schéma n’est plausible que si    la spirale  des nouvelles taxes et  prélèvements de tous genres               couplée à la réduction des dépenses n’entraine par elle-même un effet déflationniste qui risque  de compromettre voire d’annihiler  la réduction du déficit budgétaire.

Certains dès lors appellent de leur v½ux le retour à la croissance qui pourra quasi mécaniquement réduire le poids de la dette publique… et donc, disent-il, des intérêts.

Oui, à un souci près ! Car la rentrée espérée de la croissance impliquera aussi surement l’augmentation des intérêts sur la dette. Ainsi, l’augmentation de 1% sur les intérêts de la dette à renouveler coute directement 400 millions (sur la base d’une quarantaine de milliards) la première année et 1,2 milliard la deuxième année et 2,4 milliards la troisième année et ainsi de suite jusqu’à 3,7 milliards. Ainsi, pour la Belgique et pour la plupart des pays fortement endetté, la croissance risque de se révéler indigeste, de compromettre le retour à l’équilibre budgétaire et de contraindre le gouvernement à prendre de nouvelles mesures pour faire face à l’augmentation des intérêts.

 

En résumé, l’avenir n’est pas rose.

En cas de croissance légère ou nulle, les nouvelles réductions de dépenses publiques et les nouveaux prélèvement se succèderont avec  des perspectives douteuses sur leur réussite.

Et en cas de croissance, des mesures analogues devront être prises pour faire face cette fois à l’augmentation des intérêts de la dette et à leur emballement.

Et ici, on ne  prend pour hypothèse qu’une augmentation légère de 1%. Qu’en serait-il si on devait faire face à une augmentation de 3 ou 4% ? On n’ose l’imaginer !

Quelle que soit l’hypothèse retenue, la Belgique sera donc contrainte de multiplier ses plans de rééquilibrage des finances publiques, tant  pour payer l’inconscience des politiques des années ’70 que celle plus récente des gouvernements VERHOFSTADT qui ont dépensé en pleine croissance économique !

 

 

 

Michel Legrand

     
 

Biblio, sources...

(1) Rappelons que le paiement des intérêts de la dette publique est fait avec les impôts et induit donc un effet de redistribution à l’envers, puisque ce sont les seuls détenteurs de la dette qui perçoivent les intérêts alors que les impôts sont payés par une part bien plus large de la population.

L’endettement pour équilibrer un budget ordinaire est donc une mesure antisociale ; l’endettement d’un Etat ne peut être envisagé que pour faire face à des dépense d’investissement amortissables sur le long terme et génératrices de revenus.

 
     

     
 
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