Lobbying et Europe

Banc Public n° 238 , Mai 2015 , Frank FURET



La banque américaine Goldman Sachs, dont Mario Draghi, président de la BCE, fut vice-président pour l'Europe de 2002 à 2005,participe au processus d'élaboration des politiques de l'Union européenne, avec les responsables et/ou membres du personnel des institutions de l'Union européenne, selon le Registre de transparence de la Commission européenne. Goldman Sachs a dépensé plus de 700.000 euros en 2014, selon le même registre, après n'avoir déclaré que 50.000 euros en 2013.

 

La banque américaine aurait donc multiplié ses dépenses par 14 en un an. Du moins, officiellement. Plusieurs autres banques ont officiellement investi des sommes plus importantes l'année dernière. Goldman Sachs, non inscrit dans le Registre de transparence en 2013, avait en effet assuré avoir investi 50.000 euros cette année-là dans le lobbying, selon le Financial Times.

 

En janvier, l'ONG Alter EU avait accusé la Commission d'échouer dans sa mission sur la transparence financière des lobbies, en ne révélant pas le nom et les opérations de nombre d'officines. Pour ne rien arranger, selon l'ONG, quelque 150 officines et autres cabinets conseils - figurant, eux, sur le registre de la Commission - n'auraient toujours pas donné les noms de leurs clients. Le nombre de groupes d'intérêt œuvrant sur le marché de l'influence dans les couloirs de Bruxelles est estimé entre 15.000 et 30.000 lobbyistes.

 

Concernant Goldman Sachs, Alter UE estime que ses déclarations comptables ne reflètent pas son périmètre d'action véritable, assurant qu'elle employait alors plusieurs autres entreprises pour faire pression en son nom.

 

La banque suisse UBS aurait, elle, multiplié ses dépenses par 17 au cours de la même période.

 

Le Financial Times rapporte également que les dépenses en lobbying des établissements financiers ont fortement augmenté en 2014, sur un an. Ainsi, les dépenses de la banque suisse UBS, qui n'avait pu éviter une sanction financière de la Commission européenne pour entente illicite en 2014, sont passées de 100.000 à 1,7 million d'euros en 2014. Les sommes investies par Deutsche Bank (qui est dans une situation on ne peut plus difficile) auprès des institutions de l'Union sont passées de 2 à 4 millions d'euros.

 

De nouvelles règles interdisent désormais les rencontres entre les représentants des sociétés, d'une part, et les commissaires européens, membres de cabinets et hauts fonctionnaires, d'autre part. Sauf si celles-ci sont inscrites dans le Registre de transparence, une mesure appliquée le 1er décembre 2014 - Goldman Sachs s'est inscrit fin novembre.

 

 

Cette nouvelle réglementation européenne a toutefois conduit les lobbies à faire preuve de plus de transparence. En trois mois, 700 de plus se sont inscrits sur le registre.

Frank FURET

     
 

Biblio, sources...

"Lobbying à Bruxelles: Goldman Sachs a multiplié ses dépenses par 14 en un an", latribune.fr, 29 avril 2015

 
     

     
 
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