Ce n’est pourtant que partie remise puisque le problème ressurgira fin 2026 pour les EURO 5 diesel et EURO 2 essence restants et surtout fin 2027 pour les EURO 6, 6b, 6c et 6dtemp, soit les véhicules immatriculés entre 2015 et 2020, frappés à leur tour par l’interdiction et qui n’ont pas bénéficié d’une période de prolongation. Bref, le volume de véhicules bruxellois concernés fin 27 dépassera surement les 100.000 unités.
En France, des zones de faible émission avaient bien été établies mais dans une indifférence presque générale puisque les verbalisations ne suivaient pas !
La mesure devenant concrète, et donc visible, la grogne a monté. L’écrivain Alexandre Jardin, depuis rejoint par le chanteur Daniel Guichard, se place en pourfendeur des ZFE.
En appelant les « gueux » à protester, Alexandre Jardin espère éviter la gabegie, tout autant que l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir.
L’enjeu des ZFE prend un tour politique majeur, que les initiateurs de la mesure semblent n’avoir pas imaginé et d’autant que plus de 11 millions de véhicules sont visés.
L’Assemblée nationale vote la suppresion des ZFE
L’Assemblée nationale a approuvé, mercredi 28 mai dans la soirée, la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), qui restreignent la circulation de certains véhicules thermiques, en adoptant un article du projet de loi de « simplification ».
L’article, introduit en commission à l’initiative des Républicains (LR) et du Rassemblement national (RN), a été adopté par 98 voix contre 51 avec les voix de l’alliance RN-Union des droites pour la République (UDR), de la droite, de La France insoumise (LFI) et de quelques députés macronistes (Le Monde, 28 mai 2025).
Créées en 2019 pour limiter les émissions de particules fines, les ZFE sont une mesure emblématique de la loi Climat et résilience du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, excluant de leur périmètre certains véhicules très anciens et polluants, identifiés par les vignettes Crit’Air 3 ou plus selon les villes (soit les EURO 4 DIESEL en Belgique).
« Tout le monde est pour améliorer la qualité de l’air. [Mais] nous pensons que ça ne peut pas se faire au prix de l’exclusion sociale », a soutenu le député (LR) de la 1re circonscription du Territoire de Belfort, Ian Boucard. « Les ZFE ne servent à rien », a estimé, quant à lui, le député (RN) du Gard Pierre Meurin.
« La pollution de l’air est à l’origine de près de 40 000 décès prématurés par an. (…) Et les zones à faibles émissions ont contribué à baisser ces décès précoces », a affirmé de son côté la ministre de la transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.
En suposant que ce chiffre soit crédible, il n’y aucun lien entre la pollution des véhicules polluants et le chiffre des décès pour la simple et bonne raison qu’aucun calcul n’a été effectué, puisque le volume de pollution des véhicules concernés n’a jamais été évalué. En effet, les mesures concernent les véhicules anciens sans autre critère, qu’ils roulent beaucoup ou peu. Or, beaucoup de véhicules anciens roulent peu et polluent donc très peu.
En fait et c’est là que le bât blesse, toutes les mesures ne sont pas basées sur le calcul réel mais sur un calcul potentiel.
La messe est loin d’être dite ! En effet, l’article doit encore être voté lors de l’adoption de la loi de simplification qui contient beaucoup d’autres mesures. Le gouvernement utilisera tous les moyens à sa disposition pour mettre en échec cette mesure populaire.
Si la nécessité d’améliorer la qualité de l’air, surtout dans les villes, fait l’unanimité, en revanche la méthode punitive pour y arriver semble antisociale mais aussi anti écologique dans la mesure où l’élimination d’un véhicule existant et son remplacement par un véhicule électrique ou autre peut dégager un bilan négatif, surtout si le nouveau véhicule atteint ou dépasse les deux tonnes.
Par ailleurs, au nom de la qualité de l’air, il est difficile d’accepter que les pouvoirs publics encouragent l’achat de véhicules électriques chers atteignant ou dépassant les deux tonnes et interdise la circulation d’un véhicule ancien de 900 kilos dont il n’est même pas établi qu’il roule régulièrement.
Bref, l’attitude des gouvernants dans ce dossier n’est ni raisonnable ni proportionnée. En effet, il semblait préférable de permettre à tout un chacun de garder son véhicule sans prendre une mesure d’interdiction. Au fil du temps, le nombre de véhicules se serait réduit naturellement, d’autant que de nombreux véhicules anciens roulent peu, voire très peu.
Enfin, au lieu d’encourager à tout crin la technologie électrique encore mal maitrisée, il eût mieux valu concevoir des véhicules plus légers et propres consommant trois ou quatre litres ! Actuellement, le bilan énergétique par km parcouru s’est alourdi à la suite de l’utilisation de véhicules de plus en plus lourds ! Le gain d’énergie par l’utilisation de nouvelles techonologies a donc été absorbé par le poids.
Pour terminer, il parait clair que ce qui se passera dans l’Hexagone aura des conséquences en Région bruxelloise, où le maintien de mesures répressives pourrait être remis en cause, en cas de suppression à Paris ou Lille.