?> DICTATUREDU DROIT … de nouvelles formes d’oppression?
DICTATUREDU DROIT … de nouvelles formes d’oppression?

Banc Public n° 188 , Mars 2010 , Kerim MAAMER



Une récente information radio annonçait une statistique mondiale, qui fait du belge, le plus grand consommateur de tranquillisants. Ce recours médicamenteux exprime-t'il une mesure de stress extrême ?...L'information peu flatteuse n'autorise pas de conclusions, End'autres zones de paupérisation ou de guerre, une large gamme de drogues sont utilisées, sans être comptabilisées par l'OMS. Toutefois, le détail n'estpas anodin. La référence interpelle parce qu'elle estrelative à un sentiment de « bien être »dans une société. Et là, le sujet devient plussensible, sinon essentiel pour une collectivité. Outre le confort matériel et la qualité des soins, souvent mise en avant, qu'en est-il du bonheur des gens ?

 


DEPRESSION GENERALE

Tout autour de nous, semblent dominer des sentiments d'insatisfaction et de tristesse, issus de rapports de force et d'intérêts,autant sur le plan professionnel que civil. Des conflits « non déclarés » qui éclatent rarement sansaller au bout de leurs émotions, en débats etpolémiques, en exténuations et en rires... développent rancune et mauvais sang, La bonne éducation nous a forgéà comprimer nos colères, parce elles sont dangereuseset réprimandables. Alors le belge accuse son climat… pour ne pas accuser l'autre.

Le référencement de stress permet de situer entre bien-être ou mal être, constituant autant un atout de paix, d'activisme, de créativit… qu'un échec sur les vies individuelles, leur équilibre psychique, leur devenir. Une corrélation pourrait même s'établi ravec des analyses sur la sous-démographie, la mortalité suicidaire; le débat singulier avec les gens pour décrireles opinions citoyennes sur la vie, la société ;peser le poids du positif, du négatif, des souvenirs ;apprécier les valeurs de nation, de sacrifice, de communauté ou de religion… L'étude globale étant en de hors de nos moyens, je m'en tiendrai à mon seul environnement personnel, amical et professionnel où les échos justifient un sentiment de malaise.

Au cours de ces deux semaines, je n'ai rencontré que des personnes tourmentées :

i) un homme évincé de safamille suite à une notification de la justice de paix - deux jeunes enfants en risque d'abandon - un père qui ne sait plus quoi faire ;

ii) une famille, au terme d'un contrat de location, se voit ordonnée de « déguerpir et de payer » ;

iii) un automobiliste à faible pouvoir d'achat, qui entretenait ses relations sociales, se voit harcelé de pv stationnement, établis par de« légitimistes » percepteurs;

iv) un assisté cpas dit être encadré par plusieurs avocats pour défendre 5 à 6 affaires ;

v) une femme active victime d'un accident de santé se découvre solitaire à la clinique ;

vi) une dame sans papiers enétat de quasi-démence, pour cause d'une légalisationqui ne vient pas;

vii) finalement, une institutrice met fin à ses jours – avec la réserve collective de taire son désespoir et les motivations de son geste …

FORCE DU DROIT

Ces déprimes ont des sources diverses. Cependant, l'écoute et l'observation permettent de pointer le poids des contraintes administratives et juridiques; des règlementations et de leurs sanctions; des procédures et de leurs menaces… conduisant les uns à se refermer pour se préserver ; les autres à subir de cruciales difficultés, particulièrement lorsqu'elles touchent à l'essencede l'être humain dans l'intimité de sa vie familiale, de son habitat, voisinage ou lieu professionnel. Lorsqu'une personne arrive au bout de son désespoir et qu'elle s'assassine, la justice clot le dossier parce que la personne aurait porté atteinte à son propre corps. Elle n'intervient plus. C'est le seul cas de meurtre non sanctionnable par la loi. La justice ne cherche pas à définir les raisons qui ont amené à ce crime.

Sinon,pour les vivants, il n'y a pas de place pour la compréhension, l'indulgence, l'amnistie ou le pardon mais le recours à lajustice. Elle devient le principal moyen de résoudre conflits et différents. Des vies sont suspendues à sesprocédures et à leurs décisions. Des défendeurscraignent ces prestataires, qui brandissent le Droit, leur réglementation, et qui disent s'en référer à la décision du Juge. Celui-ci ne remplit pas un rôle d'instruction ou de conciliation mais de prononciation du droit. Sesdécisions sont prises de manière quasi-mécanique,légèrement motivées, voire inappropriées. Parfois, ces décisions sont en contradiction avec la Constitution et les principes qui ont fondé la justice. La décision est exécutable avec la force publique, par les gens assermentés qui ont cumulé de grandes expériences pour refouler leurs sentiments, détendre l'atmosphère pour l'exécuttion du travail... Les services sociaux sont alors appelés à combler le mal réalisé par la décision judiciaire.


POIDS DU DROIT

J'en viens à m'interroger sur le poids du droit, l'importance qu'il prend dans la société, les objectifs, les dérives de son pouvoir. Toute organisation humaine nécessite des règles. Bien avant Moïse, des lois ont été établies pour organiser la vie des hommes. Mais l'importance du Droit n'a jamais été autant visible et aussi contraignante qu'aujourd'hui. Ce ne sont plus les « dix commandements » qui régissent la vie des hommes,mais quelques 26.000 lois qui règlementent nos vies, aveclesquelles il faut considérer la contractualisation de toutes nos relations humaines, autant dans l'intimité de nos vies,de la relation du père à l'enfant, ou de la formation pédagogique du maître à l'élève !Le juridisme du législateur a envisagé toutes les situations possibles. La tendance n'est pas à la« déréglementation » des lois mais à l'élaboration de lois pour précise rcadres et limites de préoccupations nouvelles, relatives à l'éthique, à la vie, aux ressources, à ladiversité et tout simplement pour remplir nos obligations à l'égard des générations futures…

L'idée n'est donc de rejeter l'emprise du droit mais de repenser la philosophie du Droit, dans une démarche de critique légitime. Quels sont les objectifs des lois ? Comment est-ce que cette philosophie agirait-elle en conscience du juge ?

i) S'agît-il d'entendre la demande exclusive d'une citoyenne ou de protégerle creuset familial ?

ii) S'agît-il d'exécuterles conditions d'un contrat de location ou de négocier unesolution avec l'autorité d'un juge?

iii) S'agît-ild'une complicité moyen recettes ou de décourager l'utilisation de la voiture ?

iv) S'agît-il de clorele dossier d'un assisté ou de faire travailler le système ?

v) S'agît-il de respecter le travail ou de respecter lapersonne ? vi) S'agît-il d'un chantage àl'endurance ou l'intérêt à l'épanouissementd'un citoyen?

vii) S'agît-il d'oublier le mort ou d'enquêter sur cet assassinat contre soi-même ? …

 

Kerim MAAMER

     
 

Biblio, sources...

« l'Etat agît comme muselière qui doit réduire l'homme à brouter »

 

SCHOPENHAUER

 
     

     
   
   


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