?> MALI Au bord de l’implosion ?
MALI Au bord de l’implosion ?

Banc Public n° 299 , Novembre 2023 ,



Le 31 octobre, la MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali) évacue son camp de Kidal, au nord, dans la zone séparatiste touarège.


 

 

 

En effet, le gouvernement de Bamako a décidé de reprendre pied au nord en envoyant une colonne militaire. Craignant d’être prise entre les séparatistes et l’armée régulière, l’ONU a décidé de se retirer de la zone. De toute manière, les forces de l’ONU (15000 militaires et policiers) doivent quitter le territoire malien pour le 31 décembre.

 

 

 

Cette offensive de Bamako tente de faire oublier les pressions des djihadistes qui multiplient les attentats et ont repris d’importants portions du territoire au nord, hors de la zone des Touaregs. On apprend maintenant que Tombouctou serait encerclée par leurs forces.

 

On en revient en quelque sorte à la situation qui prévalait en 2012 à un moment où les forces djihadistes étaient aux portes de Bamako. A l’époque, le gouvernement a lancé un appel à l’aide et les forces françaises, sous l’égide de l’ONU, sont intervenues (opération Serval puis Barkhane) et ont repoussé et vaincu les djihadistes lors de la bataille du Tigharghâr (février-mars 2013). Ces derniers ont alors développé une guerre asymétrique en multipliant les attentats suscitant le mécontentement de la population envers les forces étrangères impuissantes. A ce moment, les séparatistes ont collaboré avec l’armée française pour éradiquer les djihadistes de leur zone d’influence.

En 2020, un coup d’état porte au pouvoir un gouvernement pro-russe et entraine le retrait des troupes françaises. Le nouveau gouvernement malien peut compter sur l’appui de la milice russe WAGNER dont les méthodes d’intervention ne sont guère conformes au droit de la guerre.

 

On apprend que le camp de Kidal a été repris par les Touaregs et que la colonne militaire est à près de 100 kilomètres de Kidal. Cela veut dire que l’armée malienne a essuyé un premier échec.

 

La confrontation parait inévitable entre l’armée malienne et les séparatistes d’une part et les djihadistes d’autre part. Il est difficile de prédire l’avenir, mais il parait assez improbable que l’armée malienne puisse s’imposer dans une zone aussi grande que la France , que les séparatistes connaissent parfaitement, tout en assurant la protection de Bamako et du sud, d’autant que les exactions de la milice WAGNER risquent de galvaniser les opposants au gouvernement en place. Enfin, Tombouctou est actuellement encerclée et bloquée par les djihadistes depuis septembre, qui empêchent le passage des camions de ravitaillement venant d’Algérie ou de Mauritanie.

 

Plus fondamentalement, c’est l’ensemble du Sahel qui est menacé par les avancées djihadistes, causées principalement par l’effondrement de la Libye qui a permis l’essaimage de groupes djihadistes vers le sud et donc vers le Mali et le Niger, sans compter qu’ils ont pu récupérer quantité d’armes légères et même lourdes prises à l’armée libyenne. En liquidant le régime de KHADAFI, l’Occident a joué aux apprentis sorciers car il a permis la déstabilisation du Sahel par des groupes islamistes sunnites. Au Mali, cette déstabilisation va de pair avec la revendication touarègue pour l’indépendance, sinon une large autonomie que le gouvernement malien ne souhaite pas lui accorder.

     
 

Biblio, sources...

 
     

     
   
   


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